il nous manque un hommage à Henry SIDAMBAROM
Posté le 24.01.2008 par cocoducarbet
Sculptures et statues de Velo notre joueur de Ka , Saint-John-Perse , Marianne , le père Labat , le travailleur Dubédou à St-François : Nous leur devons respect !
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je signe !
Posté par
Francois le 24.01.2008
oui l' ami coco-du-Carbet
j'approuve ton blog !
Foss
un Hommage
Posté par
Claude le 28.01.2008
super ce que tu fais en hommage aux peuple noir et indien
FELICITATION
Posté par
clotaire le 01.02.2008
je soutien le blog pour la memoire de H. SIDAMBAROM dont c'est mon arriere grand-pere.
Merci pour lui.
Le temps du progrès
Posté par
Capes 971 le 10.03.2008
"Chose étrange, après dix-huit siècles de progrès la liberté de l'esprit est proclamée ; la liberté de coeur ne l'est pas. Et pourtant aimer n'est pas un moins grand droit de l'homme que penser."
Victor Hugo ( choses vues )
Merci au comité Sidambarom
Posté par
l'auteur le 21.04.2008
Enfin une stèle pour le souvenir, le 20 avril 2008
inaugurée à Capesterre BE.
Lien vers mon blogMerci au comité Sidambarom
Posté par
l'auteur le 21.04.2008
Enfin une stèle pour le souvenir, le 20 avril 2008
inaugurée à Capesterre BE.
Lien vers mon blogUn homme simple
Posté par
Vlaj Wladislaw le 15.06.2008
UN HOMME
SIMPLEMENT...
The night has been long
The wounds have been deep.
The pit has been dark
The walls have been steep.
Longue a été la nuit
Profondes ont été les blessures
Ténébreux le gouffre
Raides les pentes
MAYA Angelou poétesse afro-américaine, poème récité en public à l’occasion de la « Marche d’un million d’Hommes «.
Traduction de Juliette Sainton ( inédit)
PREFACE
… Tu dis « l’histoire «, mais ça ne veut rien dire, il y a
tellement de vies et tellement de destins, tellement de races
pour faire notre seul chemin.
Toi du dis l’histoire, mais je dis les histoires.
Chamoiseau: Texaco; Editions Gallimard 1999
On assure que dans la vie de chaque homme, il y a des
moments où se cristallise tout ce qui s’est accumulé pen-
dant des années. C’est comme si on se découvrait d’être
un homme tout nouveau.
Sidambarom a été cet homme neuf.
La Guadeloupe ne fut jamais pour lui une terre de malé-
diction. Il savait que l’Île a été le lieu d’épouvantables
atrocités, que des hommes continueront à y livrer des com-
bats pour le simple fait d’être des hommes.
Il a posé une question, question aussi vieille que l’humanité, pourquoi l’inexistence d’une catégorie d’individus, au profit d’autres?
Plus il allait au-delà de la question, plus il commençait à
entrevoir que sa question existait dans la conscience in-
dividuelle de chacun et que jamais l’on ne pourra en apporter une ou des solutions, sauf des suppositions.
Ce qui l’avait surpris, c’est que pareille question a pen-
dant des siècles et de tant de générations de brillants cerveaux ont été dupés de façon si primaire par des mystifications en tous genres, quelles soient religieuses
ou liée à la suprématie d’une race de couleur, que ces mêmes, combattaient le mysticisme et l’obscurantisme et l’on peut sans offenser qui que se soit, affabuler sur le thème.
Dans toute société, l’inexistence matérielle de l’âme a été
le fait du faible, réduit à l’absurde de cette idée de l’exis-
tence. Les esprits chagrinés ont recourt par la « preuve du contraire «, et ne renferme aucune contradiction.
Ici, en Guadeloupe du XIX siècle, la notion de l’exploita-
tion de l’individu soit d’une autre couleur ou de race, rentrait dans une logique, du fait que cet individu était immatériel et que sa primauté en tant que matériel se plaçait très au-dessous de l’idéal.
Cette théorie intellectuelle et physique de l’homme maté-
riel était ancrée de la façon la plus simple… aux idées.
Cette théorie existe encore aujourd’hui d’une manière latente, on la perçoit quand des mouvements sociaux interpellent telle ou telle composante ethnique résidant en Guadeloupe.
A cette théorie, je n’ai qu’une réponse: celle du militant
socialiste Condo, répondant aux poncifs habituels du
patronat colonial: « Plus heureux que le patron est l’ouvrier qui n’a pas de soucis; la journée terminée, gai et joyeux, il monte sur son tambour… «
Condo: « Nous voulons justement qu’il cesse de battre
du tambour … «
La Guadeloupe de tout temps a produit principalement le
sucre. cette production demandait une grande quantité de
mains d’œuvre au moindre coût.
Après 1848, l’esclavage aboli, la majorité des colons blancs, ne pouvaient payer des salaires, si dérisoirs soit-il,
aux esclaves libérés et ceux-ci rechignaient de retourner aux emplois de la terre, confondant servitude et travail.
Une crise économique s’installa peu à peu.
L’aristocratie locale, se refusait à changer ses mentalités
et se refusait d’adapter des modes de travail, ce préoccupa de trouver des travailleurs bon marché. Oublieux d’un passé récent, opta pour une nouvelle immigration, qualifiée selon elle de « libre «. C’est ainsi, que débarquèrent des contingents de « Congos «. Leurs salaires étaient moindre que ceux des ouvriers locaux. Ces « Congos « furent très mal acceuillis parmi les Noirs. Ceux-ci ne comprenaient que d’autres Noirs étaient venus ici de plein gré; sans la tache originelle d’une quelconque servitude.
Ces «Congos « aux mœurs diffèrentes se maintenaient à distance, et posa à plusieurs reprises des problèmes de coabitation. Les usiniers réclamant de plus en plus de bras,
le Conseil Génétal autorise l'importation de la main-d’œuvre venue des Indes: « les Coolies «.
Ces travailleurs, la plupart inadaptés aux conditions de travail dans les exploitations cannières, s’épuisaient pour des salaires plus qu’infimes, voire rarement versés.
Exploités avec mépris, certains se révoltaient envers leurs
«employeurs «; l’on vit des incendies dans les champs
de cannes s’allumer un peu partout. En 1870, une soixantaine d’incendies, autant en 1871 etc…
La repression judiciaire s’abattait impitoyablement sur les
incendiaires, eux, préféraient le bagne, trouvant celui-ci
plus enviable que les travaux dans les cannaies.
Pour le simple fait de rappeler à la République Française,
le droit inaliénable de la dignité, en vertu du Jus soli.
Sidambarom s'est mué en un combattant sur le sillage des luttes, pavant de son pas, les champs de batailles balisés par les textes de lois.
Un combat de non retour.
Il n’avait qu’une arme, sa plume,
un fusil chargé de mots,
l’encre? le sang de ses mots.
Il a ainsi épuisé le souffle de ses adversaires.
De ses écrits, il en a décortiqué la sustance, en a aiguisé
la texture, pour qu’ils deviennent pierres;
munitions de paradoxes dépouillés de la gangue des sons.
Est-ce dans la frange de son âme qu’il s’est noyé,
jusqu’à écraser sa vue sur la lie de la réalité?
Est-ce dans les débris des réalités qui le dévident dans
l’abîme profond de sa conscience?
Conscient d’être condamné par ceux mêmes qu’il combat: eux, l’ont faits plonger dans l’abîme de sa noire conscience.
Tempêtes dans les cimes de son orgueil, qu’aujourd’hui
l’on n’ose y croire.
Chaque jour au sortir des clignements de la nuit,
se révéle aube froufroutante;
chaque jour aube présente.
Et chaque jour hâlètement de la respiration du guerrier,
saisissant sa proie, que l’envolée des mots n’a pas pilé.
Silence de son souffle, écorcé du son.
Il se drape en tourbillons de chimères à
l’orée des champs;
il est passeur au-delà des cauchemards!
Alors, sa conscience prenant sa main le guide à travers
les milles lames des turbitudes humaines.
Il a marché avec la multitude d’étoiles.
Orion sur la crête de son âme,
l’entraîne vers des lendemains dans l’aiguillon des combats.
O vertiges!
S’emmêlent les amarres entre ennemi et ami,
s’entrecroisent la route du veule et du brave.
Il a enjambé ces corps avec sa plume, traversé le feu
pour retomber dans le filet de flammes, se relever
à l’aide de ses ongles cassés, mais le monstre
en fragment ébréché, les débris se sont volatilisés.
Lui est resté.